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Gestes Éco-Responsables

Recyclage du carton : les bons gestes du bac de tri à la collecte en entreprise

Thomas et Julia Mercier 7 min de lecture
Recyclage carton : bac jaune en entreprise, cartons propres et secs à recycler

Les cartons d’emballage vides se déposent généralement dans le bac de tri, souvent jaune en France. Les grands formats peuvent nécessiter un passage en déchèterie, tandis que les cartons contaminés demandent une autre prise en charge. Pour bien recycler, l’essentiel est de distinguer la matière de son état : une boîte recyclable peut devenir difficile à valoriser si elle est détrempée ou imbibée de graisse.

Reconnaître les cartons à trier et les cas particuliers

Comme le papier, le carton est constitué de fibres de cellulose. Il se distingue généralement par une rigidité et une épaisseur supérieures, avec un grammage souvent supérieur à 200 g/m². Le carton plat sert notamment aux boîtes de céréales ; le carton ondulé, composé de feuilles planes et cannelées, protège les produits pendant le transport.

Cycle du recyclage carton, du tri à la fabrication de nouvelles boîtes
Cycle du recyclage carton, du tri à la fabrication de nouvelles boîtes

La plupart des emballages en carton se trient une fois vidés. Les revêtements, les résidus et les matériaux associés peuvent toutefois modifier leur destination.

Type et état Préparation Destination habituelle
Boîte alimentaire vide, carton plat Retirer le sachet intérieur et les restes Bac de tri des emballages
Colis ou carton de déménagement propre Réemployer ou aplatir, retirer les calages Bac adapté ou déchèterie selon le format
Brique alimentaire Bien vider, sans lavage nécessaire Bac de tri des emballages, avec traitement spécifique
Boîte de pizza avec quelques traces de gras Enlever tous les restes alimentaires Suivre les consignes locales ; souvent acceptée
Carton détrempé ou fortement imbibé de graisse Isoler des cartons propres Vérifier la consigne locale ou celle du collecteur
Carton contaminé par une peinture, une huile ou un produit chimique Identifier le contaminant, conserver séparément Filière adaptée au déchet concerné

Un carton légèrement humide n’est pas automatiquement perdu : s’il reste propre, laissez-le sécher à l’abri. À l’inverse, un carton moisi ou désagrégé risque de dégrader le lot. Les cartons cirés, paraffinés ou fortement plastifiés nécessitent une vérification : leur aspect cartonné ne garantit pas leur recyclabilité dans toutes les installations.

Les briques alimentaires associent plusieurs matériaux, mais disposent d’une filière permettant notamment de récupérer leurs fibres. Elles ne doivent donc pas être assimilées à des cartons ordinaires refusés simplement parce qu’ils sont multicouches.

Préparer ses cartons et choisir le bon point de dépôt

Avant de jeter une boîte solide, envisagez son réemploi pour un rangement, un retour de commande ou un nouvel envoi. Réutiliser un emballage en bon état prolonge son usage sans passer immédiatement par une transformation industrielle.

Pour les cartons à recycler, quelques gestes suffisent :

  • Vider complètement les boîtes, sans les laver.
  • Séparer les films plastiques, le polystyrène et les calages amovibles.
  • Retirer les grandes bandes adhésives et les poignées plastiques faciles à détacher.
  • Aplatir les grands cartons sans les imbriquer avec d’autres déchets.
  • Les conserver au sec jusqu’à la collecte.

De petites agrafes ou des fragments d’adhésif résiduels ne justifient généralement pas de jeter tout le carton aux ordures ménagères : les installations disposent d’étapes d’épuration. Les exigences peuvent néanmoins être plus strictes dans une collecte professionnelle dédiée.

À domicile, vérifiez les consignes de votre collectivité, notamment pour les gros cartons. Ne les laissez pas à côté d’un conteneur plein : utilisez une déchèterie acceptant ces emballages ou attendez une collecte autorisée. En entreprise, le recours au service public dépend des conditions locales d’accès, des volumes et de la nature des déchets.

Le véritable verrou du tri se situe souvent entre l’ouverture du colis et son stockage. Si le seul bac disponible accueille aussi les gobelets et les restes de repas, la contamination devient probable. Installer une zone de déballage avec deux contenants distincts, puis une réserve sèche pour les cartons aplatis, protège la matière avant même l’intervention du collecteur.

Du carton usagé aux nouvelles fibres : cinq étapes industrielles

Le recyclage du carton consiste à récupérer ses fibres pour fabriquer de nouveaux produits. Le parcours repose sur cinq étapes complémentaires :

  1. Tri à la source : particuliers et professionnels séparent les cartons des déchets incompatibles.
  2. Collecte : les emballages sont transportés vers une installation adaptée.
  3. Centre de tri : les cartons sont séparés des autres matières, contrôlés et souvent conditionnés en balles.
  4. Fabrication de pâte : en papeterie, l’eau et l’agitation séparent les fibres. Des opérations d’épuration retirent les éléments indésirables.
  5. Nouvelle fabrication : la pâte est étalée, égouttée, pressée et séchée pour produire de nouvelles feuilles.

Le désencrage n’est pas systématique : il dépend des qualités de papier-carton et du produit recherché. Les fibres récupérées deviennent une matière première secondaire, utilisée notamment dans les cartons ondulés, les boîtes et certains emballages moulés.

La boucle n’est pas infinie. Les fibres se raccourcissent et perdent progressivement leurs propriétés. RECYGO évoque jusqu’à 10 recyclages, tandis que Lemontri indique jusqu’à 8 réutilisations de la matière. Ces repères ne constituent pas une garantie pour chaque boîte : la qualité initiale, les traitements et les pertes influencent le nombre réel de cycles.

Des ressources préservées, sans confondre les indicateurs

Recycler permet de substituer des fibres récupérées à une partie des fibres vierges et de limiter les déchets destinés à l’incinération ou à l’enfouissement. À titre de repère pour la filière papetière, une tonne de papier recyclé permet d’éviter l’utilisation de 1,5 à 3 tonnes de bois.

Selon RECYGO, le carton fabriqué à partir de matières recyclées représente environ 28 % d’émissions de CO2 en moins. Le processus de recyclage est également présenté comme 50 % moins énergivore que la production traditionnelle. Ces bénéfices dépendent toutefois des procédés, de l’énergie utilisée et du transport : ils ne permettent pas de calculer automatiquement l’impact d’un colis particulier.

Les taux publiés doivent aussi être distingués. RECYGO mentionne un taux de recyclage du carton autour de 80 % en France ; Lemontri indique 64 % pour le papier-carton. Sans périmètre et méthode identiques, ces valeurs ne sont pas directement comparables.

Les logos ne répondent pas tous à la même question. L’Info-tri précise le geste attendu et le Triman signale une règle de tri. FSC et PEFC concernent notamment l’origine des fibres et leur chaîne de contrôle, pas la poubelle à utiliser. Le Point Vert ne garantit pas la recyclabilité ; un ruban de Möbius ne remplace pas les consignes locales.

En entreprise, organiser une collecte conforme et adaptée

Le décret 5 flux de 2016 a posé un cadre de tri à la source pour le papier-carton, le métal, le plastique, le verre et le bois. Ce socle a depuis été élargi à d’autres flux. Les obligations précises dépendent de l’activité, des déchets produits et des modalités de collecte : l’expression « tri 5 flux » ne résume donc pas toute la réglementation applicable.

L’objectif pratique reste de séparer les matières valorisables et de les orienter vers une filière appropriée. Certains flux peuvent être collectés ensemble lorsque les conditions réglementaires et techniques le permettent. Un contrat de collecte ne dispense pas de vérifier la destination des déchets ni de conserver les justificatifs nécessaires.

Dimensionner le service avant de demander un devis

Observez les volumes réellement produits, les pics de livraison, l’espace disponible et l’accès du camion. De petites quantités régulières peuvent relever d’une collecte mutualisée ou de bacs roulants. Des apports ponctuels appellent plutôt un enlèvement à la demande. Un entrepôt produisant beaucoup de carton peut envisager une benne ou un compactage, avec du matériel et des procédures de sécurité adaptés.

Pour comparer les prestataires, demandez un devis distinguant la location des contenants, les enlèvements, le transport, le traitement et les éventuels frais liés aux erreurs de tri. Précisez également les preuves de valorisation attendues. Un rachat au poids ou à la tonne reste possible selon la propreté, les quantités et le marché, mais la valeur du carton ne garantit pas une collecte gratuite.

Thomas et Julia Mercier